Les gens du Ghiwane

Les gens du Ghiwane  ou Nass El Ghiwane

Les gens du Ghiwane  ou Nass El Ghiwane est un groupe musical marocain fondé au début des années 1970.

Ceux qui avaient parié sur une durée courte de leur succès se sont trompés : Nass El Ghiwane est un groupe qui a désormais plus de 40 ans et qui mérite d’être découvert par celles et ceux qui ne le connaissent pas encore.

Les membres du groupe

Le groupe est composé de 5 membres mais les aléas de la vie ont fait que certains de leurs membres ont dû être remplacés.

À l’origine, c’est un quartier de Casablanca, celui de Hay Mohammadi (considéré comme le plus pauvre de la ville) qui réunit trois amis : Omar SAYED, Larbi BATMA et Boujemaa H’GOUR dit Boujemi.

À ces trois amis s’ajoutent Allal YAALA et Moulay Abdelaziz TAHIRI qui habitent un quartier voisin.

Ces cinq compères se réunissent autour d’une envie, celle de donner vie au patrimoine national marocain.

Réunis autour d’une grande idée, celle de chanter comme on parle pour dénoncer l’injustice, raconter le Maroc et appeler à l’amour, ils rencontrent Tayeb SADIQI.

Ce dernier, connu aujourd’hui pour être un grand dramaturge, deviendra le directeur de leur groupe « Nass El Ghiwane » ce qui signifie littéralement les gens du Ghiwane c’est-à-dire du parler vrai, un style musical d’antan par lequel les gens décrivaient leur vie quotidienne. Ce style, ils le mettent au goût du jour, le font connaître sur la scène internationale et redonnent vie à des instruments tels que le bendir ou encore la snitra (instruments de musique ancestraux).

En pleine réussite, et alors qu’ils viennent d’obtenir un titre (disque d’or en 1973), le sort les frappe : d’abord le 26 octobre 1974, avec le décès de Boujemi puis en 1997 avec le décès de Larbi BATMA, la plume du groupe.

À ces décès, s’ajoutent des départs dont celui d’Abderrahmane KIROUCHE surnommé PACO, qui avait très vite joint le groupe en lieu et place de Moulay Abdelaziz TAHIRI (en 1974) pour apporter la touche gnaoui : celui qui est décédé le 14 octobre 2012 avait quitté le groupe en 1993.

Pour les membres restants (Omar SAYYED et Abdelkrim CHIFA qui a remplacé Allal YAALA), hors de question de laisser des milliers de fans sans leur Ghiwane : le groupe se recompose et accueille les frères de Larbi BATMA, Rachid et Hamid.

Bien que leurs apparitions sur scène se fassent plus rares, la musique de « Nass El Ghiwane »  continue de diffuser ses messages empreints de poésie.

Une musique culturelle et poétique

Issu d’un mélange de Gnawa[1] et de l’art du jazal (poésie axée sur le thème de la misère tant morale que matérielle), la musique de Nass El Ghiwane apparaît dans les années 70 comme révolutionnaire.

Leurs chansons véhiculent des messages qui, à l’époque sont jugés comme frondeurs. Lorsqu’ils montent sur scène en 1971, le public découvre ainsi des textes aux messages forts. Cela leur vaut d’être arrêtés en 1972 par les forces de police marocaines qui leur demandent de préciser les insinuations présentes dans la chanson « Sabhane Allah Sifna Oula Chtoua » (on peut lire dans cette chanson « Mon dieu pourquoi notre été est devenu hiver (…) que la justice n’est pas rendue ; que nos dirigeants sont absolutistes et corrompus » ).

Aujourd’hui, la musique de Nass El Ghiwane est une musique moins dénonciatrice mais reste tout autant poétique. Dans leur album « Nahla Chama » qui est une conversation entre un sultan et la reine des abeilles, ils reprennent un poème du XIXe siècle de Thami LAMDAGHRI.

Puisant aussi bien dans le répertoire de la culture et de la poésie populaire que dans les textes de grandes figures de  l’Islam, leur musique leur permet aussi bien des textes comme « Allah Ya Moulana » que le destin tragique du peuple palestinien  ( Sabra wa chatila ) et de la Palestine (Filistine).


Avec 80 chansons, 25 albums, 5 disques d’or et plusieurs titres honorifiques, le groupe toujours vif et populaire, qualifié par le célèbre Martin SCORSESE de «Rolling Stones de l’Afrique » continue sa route et marque toujours autant de son influence musicale parce qu’il a su rester proche de son public grace à son humilité et fidèle à sa culture et à ses origines.

Toute personne qui a assisté à une de leurs performances scéniques reste à jamais imprégnée de la résonance poignante des instruments à percussion, de ces voix dont on a l’impression qu’elles retentissent du haut d’une montagne lointaine ancestrale qui appelle les hommes à une communion tout aussi originelle.

[1] Le Gnawa est connu pour être une musique dite de transe

1 réponse

  1. Bonjour,

    Nous réalisons un reportage sur la route du miel Agadir / Inzerki, ce film est destiné aux populations locales surtout.
    Nous aimerions le terminer par une de vos compositions… nous mettrons vos adresses et lien au générique.
    Merci pour votre aident surtout l’aide aux populations locales de cette région qui seront informés es savoirs de la route du miel.

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