A nous de nous consumer aujourd’hui…

Ni rameau d’olivier, ni camp David, ni révolution du Jasmin… Mais la force de mourir des Mohammed Bouazizi et Mohsen Bouterfif contre la force sauvage de réprimer et la brutalité meurtrière de tuer.

Ni Jasmin, ni rose, ni cèdre, ni tulipes et autres plantacées, mais des hommes qui ont proclamé dans les souffrances les plus atroces ce qui n’a jamais voulu être entendu par tous ces despotes placés, maintenus et entretenus par des gouvernements occidentaux dont le seul souci est de maintenir leurs intérêts et leur vision du monde dans ces régions martyrisées.

Ces hommes l’ont dit de leur vie. Ils se sont consumés après qu’on ait consumé, détruit, annihilé en eux, tout espoir dans toute autre voie de recours.Ils se sont consumés parce qu’on a consumé en eux tout projet d’avenir. Ils se sont immolés par le feu après qu’on ait banni tout espoir de liberté et de dignité.

Acte de désespoir et de malaise ? Sacrifice ? Vécu social douloureux ? Profonde détresse ? Suicide par le feu ? Ce sont avant tout des flammes, un autodafé qui fait la lumière sur les pyromanes auteurs véritable de cet incendie.

La bataille médiatique qui entre dans le cadre d’une guerre psychologique, commence par l’usage des noms qu’on choisit pour nommer les choses ou les évènements.
L’usurpation d’une révolution commence par la dépossession terminologique que l’impérialisme et la mainmise sioniste se permettent mais qu’on interdit aux peuples opprimés.

Souvenons nous des opérations « plombs durcis », « tempêtes du désert », « condor », « justice sans limite » et autres noms de code pour des permissions de tuer au nom d’une « suprématie impérialiste démocratisante ». Les mots et les intentions étaient clairs, crus, nus…

Pourquoi interdire à ces peuples otages d’une prison à ciel ouvert, ce qu’eux ne se refusent pas ?

Au moment des premiers soulèvements populaires en Tunisie, la ministre des affaires étrangères propose à Ben Ali « le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, des forces de sécurité française ».
La France prête à envoyer des forces militaires pour aider Ben Ali à rétablir la sécurité . Poutine et Ben Ali décorés de la légion d’honneur. Des places Ben Gourion et théodore hertzl . Des kissingers et des Pérès, prix nobels de la paix …
Quelle décoration? Quelle sécurité? Quelle paix ? Celle des gangs organisés des réseaux maffieux de la CC (corruption/clientélisme) contre un peuple qui demande sa souveraineté et l’élaboration d’un vrai projet national dont ils veulent être les principaux acteurs et les principaux bénéficiaires ?

Tout aussi surprenant, les moyens « républicains » employés par ce « président » élu successivement à 99,27 % puis à 99,91 % des voix , moyens qui ont entraîné, répression arrestations, violences meurtrières et dispersions musclées.
Des réformes qui n’ont d’autre but que d’accroître les pouvoirs du président, de repousser l’âge limite des candidats, de supprimer la limite de trois mandats en bénéficiant d’une immunité judiciaire à vie.

Jijel bordj, Menaiel, Boukhadra, Sidi bouzid, Oum al bouaghi…
Non, ce ne sont ni des parcours santé ni des piste vita ni les itinéraires d’une croisière transsaharienne. Ce sont ces villes qui dans le Maghreb sont le spectacle d’actes humainement insoutenables.

Que préconise t’on pour tous les peuples opprimés, si on leur refuse de se prendre en main en se donnant les moyens d’une renaissance salvatrice qui mettra fin entre autres aux exils forcés ?
Que préconise t’on comme solution ? Celle des camps de rétention où sont parqués tous ces hommes et ces femmes dont les pays restent les otages d’une maffia en habits laico-républicains ?
Que préconise t’on ? La solution des bateaux de la mort qui viendront s’échouer pour rejeter des corps décomposés par le soleil et l’eau ?

Régime corrompu et inféodé au colonialisme contre un peuple qui aspire à la liberté dans le cadre d’une vraie démocratie.Des gouvernants libres et responsables contre des despotes vassalisés et corrompus. La bataille du forqane contre l’opération plomb durci.
En un mot tous ces peuples paient de leur vie leur nième lutte de libération.

A nous aujourd’hui de nous consumer de regret si par notre silence nous laissons les charognards de tous bords, faire des cendres de ces corps calcinés, le lit d’une nouvelle assise néo coloniale.

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