Les jours se suivent et les « analyses rigoureuses » se ressemblent

Après la thèse « très sérieuse » selon laquelle l’attachement des musulmanes au port du foulard ne répond qu’à une volonté de l’homme qui les perçoit comme simple propriété, objet d’assouvissement dont il veut disposer à son gré, une deuxième thèse non moins intéressante semble la supplanter ou du moins la coroller.
Pour être plus juste , il faudrait dire que les discours oscillent, et l’éventail est grand, entre un argumentaire juridico républicain, un chantage économique, des pressions psychologiques, des compromis affectifs, un mépris déclaré, une compassion simulée, une ignorance affectée… Tout y passe. Et l’on tente, et l’un et l’autre, espérant qu’enfin, on aura raison de ces crânes enfoulardés.

Des analyses tout aussi « rigoureuses » arrivent même à démontrer que le voile n’est pas une obligation coranique mais bien servitude, voire servitude intériorisée devenant choix faussement volontaire. Et de là symbole d’aliénation manifeste.
En un mot et pour ne pas s’encombrer, pathologiquement obsédée par leur corps, ces femmes s’attachent hystériquement à leur voile tel un naufragé à son radeau échoué.

La question quasi ontologique du voile obsède désormais tous les esprits « bien intentionnés » et occupe un espace médiatique littéralement vampirisé par un discours sur l’Islam et les musulmanes. Car de bien entendu le voile cache la forêt et l’Islam des esprits malintentionnés quant à eux.

Que nos sociologues, journalistes et autres penseurs fassent une analyse pathologico-psychanalytique, voire psychiatrique du port du foulard est déjà en soit plus que critiquable. Mais qu’en plus on parle des « femmes voilées » comme d’entités indifférenciées et indifférenciables, que l’on pourrait mettre sous la lunette d’un microscope pour en étudier les contours et les aspérités, relève d’une supercherie qui ne pourra indéfiniment s’imposer à coups de matraquage désinformationnel médiatique aussi talentueux soit il.

Alors pourquoi tant d’énergies déployées et d’encre dépensées à tenter de désaliéner ces femmes coriacement rebelles vous en conviendrez ?
Leur libération salvatrice par « l’émancipation » vestimentaire vous rendra t-elle le sommeil, alors qu’on les a chassées avec votre bénédiction, de l’accès aux outils du savoir ? Et à la limite si aliénation il y avait, le voile représente t’il une aliénation plus grande, plus dangereuse que l’aliénation de la femme aux critères de beauté et d’émancipation imposés par l’homme dans le premier cas et par certaines femmes dans le second.
Et c’est en cela que je dis qu’il y a falsification. Octroyer à ce bout de tissu l’exclusivité et la primauté de tous les vecteurs aliénant de la femme, là est la supercherie.

Force est de se rendre à l’évidence que, obligation sociétale de la minijupe et du string ou obligation religieuse du foulard, en fait ce qui dérange ce n’est pas tant l’obligation mais l’objet obligé

Après les avoir chassées du premier lieu d’émancipation l’école autrement dit d’une intégration incontournable par l’économique, vous tentez de les chasser de l’espace scolaire même en leur refusant illégalement d’accompagner les sorties scolaires ou tout autre activité, des services publics voire de l’espace public. A quant l’étoile jaune et les camps de concentrations ?

Et qu’aucune ne s’avise de contester ne serais ce qu’un procès verbal. Sinon elle subira une foudre digne des années de la grande terreur. Le ministre de l’intérieur lui-même s’en mêlerait. Elle et son mari seront mis en garde à vue. On mettra en place tout un arsenal juridico pénal pour perquisitionner en toute « légalité » et trouver la faille. On pourra même envisager de déchoir son mari de sa nationalité.

Folie et frénésie n’ont jamais été les ingrédients d’une bonne gestion à moyen ou long terme. A force de frapper sur un clou il finit certes par baisser la tête et s’enfoncer mais pour mieux s’enraciner dans la planche sur laquelle il est fixé.

Les femmes voilées n’en retireront pas moins leur foulard. Et si certains le font ce sera par un choix délibéré nullement motivé par des tentatives agressives et autres méthodes musclées mais par une décision qu’il reviendra à Dieu et à Dieu seul de juger.

L’évidence veut que quelle que soit la longueur de la nuit, le soleil finisse toujours par se lever. Mais il ne s’agira pas d’islamistes, barbus, mors aux dents, voulant en découdre avec la démocratie et la modernité comme vous tentez de le faire croire à qui veut vous écouter.

Le réveil ne viendra pas non plus des mosquées diligentées, ni de l’incurie de nos représentants et encore moins de cette « main étrangère » trop occupée à signer des contrats pour l’achat de la bagatelle d’une trentaine d’airbus d’une valeur de plus de 10 milliards de dollars ! Sans oublier nos « gaffeurs » récidivistes qui s’invitent à tous les débats et autres banquets dont le met de choix reste l’islamisme, les femmes, le voile , la laïcité, la république islamique d’Iran et les talibans, mangés à toutes les sauces, en veux tu, en voilà.
Il s’agira d’un réveil de la rue, des ruelles et de chaque cage d’escaliers.Il viendra d’où vous ne vous y attendrez pas parce que vous refusez l’idée d’une France plurielle dans la diversité de ses particularités.

Vous ne pourrez combattre indéfiniment un état de fait qui se pose et s’impose et avec lequel il faudra un jour ou l’autre conjuguer en toute intelligence en toute quiétude et en toute objectivité pour le bien de tous et le salut de l’Humanité. Nous ne sommes pas encore tout à fait prêt certes. Mais la phase de déconstruction a indéniablement commencé. Il ne tient qu’à nous aujourd’hui d’entamer à grande échelle la phase de réflexion réédificatrice.

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