Abel et Caïn, le premier sang versé. 

Temps de lecture estimé : 3 minutes

le premier sang versé…Une actualité brûlante ?

À l’heure où l’on nous bombarde « d’urgences » aussi vides que les slogans qui les emballent, il faut avoir l’audace — ou la bêtise, diront certains — de s’arrêter sur le récit d’Abel et Caïn, que beaucoup rangeraient hâtivement dans les limbes de l’histoire ancienne. À tort. Le récit du premier sang versé n’a rien d’un conte, c’est une déchirure fondatrice. Il faut le relire, non pour son folklore ni pour une exégèse poussiéreuse, mais pour son tranchant moral, et sa nudité brutale.

Le livre, Abel et Caïn : le premier sang versé, ne se contente pas de raconter, il sonde, et dissèque. Il révèle que le premier crime n’était pas seulement un fratricide , c’était une apocalypse. Celle d’un monde où la haine naît de la proximité, où l’on ne tue pas l’ennemi, mais le semblable. Une violence intestine, qui ne vient pas de l’extérieur, mais du cœur même de l’homme. Une jalousie qui ne cherche ni raison ni justice, mais qui s’acharne contre l’éclat insupportable de celui qui ne triche pas.

Il y a plusieurs façons de parler du monde. On peut en commenter les faits. Ou bien l’on peut creuser sous les ruines du temps pour exhumer ces récits-matrice  qui disent tout, parce qu’ils disent l’homme nu, sans fard, et sans excuse.

Le premier sang versé n’était pas qu’un fratricide. Il était une révélation

Dans l’histoire de Caïn et Abel, il n’est pas question de paix facile ni de morale tiède. Il y est question de vérité  et du prix de sang qu’elle exige. Abel, figure du juste, ne meurt pas par faiblesse, il meurt à cause de sa justesse. Il est tué parce qu’il EST, parce qu’il incarne ce que l’autre, par orgueil et vanité, refuse de devenir. Voilà pourquoi ce récit n’a rien de dépassé, les Caïns sont partout, dans les familles, les entreprises, et les États. Et les Abels aussi, porteurs malgré eux d’un sacrifice qui les dépasse.

Ce livre ne flatte ni les croyances molles ni les esprits pressés. Il interroge, il accuse, il remet à l’endroit. Il rappelle que les conflits les plus sanglants ne viennent pas de l’étranger, mais du familier, du frère trop semblable, dont la seule existence est une offense.

Sens du récit de Caïn et Abel aujourd’hui

Ce livre ne parle ni d’un mythe ancien, ni d’une morale abstraite. Il parle de nous.

Publier Abel et Caïn : le premier sang versé, aujourd’hui, c’est rappeler que les racines de notre barbarie ne sont pas politiques, mais éthiques, et qu’aucune technologie, ni aucun traité n’a jamais désarmé la main de Caïn.

Ce livre ne parle ni d’un mythe ancien ni d’une morale abstraite. Il parle de nous. De ce que nous perpétuons sous d’autres noms, avec des justifications plus sophistiquées, mais avec le même fond nauséabond de jalousie, de peur, et de rejet de la vérité. Et tant que cette vérité ne sera pas affrontée, Caïn continuera de tuer avec des gants blancs, des discours humanisants et des lois votées à l’unanimité.

Lire Abel et Caïn : le premier sang versé, aujourd’hui, ce n’est pas se tourner vers le passé. C’est regarder enfin ce que notre époque se refuse à nommer ; ce moment tragique et fondamental où l’homme préfère détruire ce qu’il n’arrive pas à être. Ce moment où il choisit de se damner plutôt que de froisser un seul pli de la cape de mensonges qu’il s’est lui-même tissée.

 

4 réflexions sur “Abel et Caïn, le premier sang versé. 

  • Essayer de trouver les mots justes pour qualifier ce travail m’a pris un certain temps mais je dirai que cet écrit permet de se rappeler encore et encore que notre livre, le Quran, EST porteur de notre vie quotidienne, porteur de ce qui nous entoure, de ce qui nous anime, de ce qui nous guérit, de ce qui nous forge, de ce qui nous élève, de ce qui nous fait vivre . Il n’est pas un livre de chroniques historiques. Il est un moteur. Il est un cœur vivant que chaque croyant sincère peut ouvrir et se laisser emporter par sa guidance active, humanitaire et intemporelle. À l’image de notre bien aimé prophète décrit comme un Quran marchant. J’ai pu également trouver dans ce livre, une méthodologie sérieuse et rigoureuse que l’on peut, ou qu’il faudrait appliquer à chaque verset que renferme le Quran pour s’imprégner de sa lumière.

    اللهم اجعل القران العظيم ربيع قلوبنا ونور صدورنا وجلاء أحزاننا وهمومنا ومغفره لذنوبنا

    Encore et toujours, merci pour vos écrits et sagesses.

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  • Ping : Le pecher originel n'a pas eu lieu au paradis

  • Excellent analyse du premier fratricide (homicide) de l’humanité et qui fait de la victime Abel (habil) le premier martyrs au sens religieux de l’histoire.
    Abel est donc un chahid car tué dans le sentier d’Allah pour ne pas avoir accepté l’injustice (de son frère) et la désobéissance à Dieu.

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    • Faouzia Zebdi-GhorabAuteur de l’article

      Réponse de l’auteur :

      Merci pour cette lecture attentive.
      Vous avez raison de rappeler qu’Abel, au-delà de la figure de la victime, incarne aussi celle du témoin fidèle — du chahid, dans le sens spirituel profond : non seulement tué, mais positionné dans la vérité, sans céder à la violence ni à l’injustice.
      Le récit du premier sang versé devient alors un miroir pour toutes les confrontations humaines : que fait-on face à l’envie, à la rivalité, à la désobéissance ?
      Merci encore pour votre contribution, qui prolonge et éclaire ce texte.

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