Une vie… une empreinte

Une vie… une empreinte

Un auteur et son œuvre, quels sont leurs liens ?

Lorsque l’on est amoureux des mots, que l’on se plait à surfer sur les phrases, ou que l’on soit sculpteur et qu’on laisse ses doigts courir sur la matière…, il y a des moments où certaines questions viennent à l’esprit, si bien que l’on se retrouve à interroger les fondamentaux de la littérature, de l’art, de l’écriture et plus encore la relation particulière d’un auteur à son œuvre…

Retour sur une relation à part entière, dont certaines perspectives nous échappent encore, immanquablement !

Est-ce l’auteur qui fait l’œuvre, ou l’œuvre qui fait l’auteur ?

Nombreux sont ceux qui tendent à affirmer que pour une bonne écriture, pour pouvoir produire une œuvre artistique de qualité, il faut savoir s’effacer, oublier son être, son histoire, pour se glisser dans la peau d’un tout autre personnage que celui que l’on est au quotidien. C’est ainsi que l’on deviendrait un écrivain, un auteur, un artiste !

Face à cela, ils sont plus nombreux encore à répondre qu’il est impossible de se comporter ainsi, qu’à travers chaque ligne, chaque tournure de phrase, chaque toile, chaque objet, il y a un peu de l’être privé, une once de son histoire, le reflet de sa personne, quand bien même le processus serait tout à fait inconscient !

Mais alors, lorsqu’un auteur est amené à rédiger un rapport de sociologie, lorsqu’il doit pouvoir traiter d’un sujet de société dans le cadre d’un essai, ou d’une thèse, à quel point est-il en mesure de s’oublier, pour évoquer les faits ? Et quand bien même les faits seraient mis en avant, ces derniers n’en seraient pas moins entrevus par le prisme d’un mécanisme d’observation individuel…

Alors peut-on pour autant parler d’une dissociation ? En se demandant qui de l’œuvre ou de l’auteur fait l’autre, on serait tenté de répondre que c’est l’auteur, sa personne et personnalité qui constituent l’œuvre, quand l’œuvre elle n’est alors que le miroir d’une entité, un moyen d’entrevoir un être plus ou moins doué qui joue et se joue des mots…

Mais alors jusqu’où peut-on retrouver l’auteur dans son œuvre ?

Pour mieux entrevoir ce rapport si particulier de l’auteur à son œuvre, aucun exemple ne semblerait plus probant que celui de la romance… En effet, loin des essais philosophiques, des écrits sociologiques ou politiques, le rapport si particulier de l’auteur à son œuvre s’exprime singulièrement lorsque ce dernier choisit de créer du bout de ses mots, une histoire !

Nombreux sont les psychologues et autres « scruteurs de la conscience » qui se plaisent à analyser les romans d’un auteur et qui parviennent à déceler les blessures et les forces de l’auteur au travers de chacun des mots qu’il aura mis en avant dans un tout autre but…

Lorsque l’on se demande jusqu’à quel point l’auteur est présent dans une œuvre, il semblerait que la question ne puisse être résolue en quelques généralités et que chaque écrivain ou chaque artiste porte en lui cette réponse, réponse que nous tenons peut-être partiellement en tenant une de ses œuvres que nous aurons extraite momentanément des étagères d’une bibliothèque afin qu’elle nous dévoile ses plus intimes secrets.

Alors, la prochaine fois que vous ouvrirez un livre, que vous débuterez un ouvrage, que vous vous arrêterez devant une création artistique, songez au coeur qui bat ou a battu derrière chaque production. Essayez d’imaginer son auteur assis ou debout, solitaire de jour ou de nuit, façonnnant par des mots ou par de la matière ce bout de lui que vous tenez entre les mains ou fixez de votre regard.

Avant de commencer une lecture, avant d’aller visiter une galerie d’art, prenez le temps de vous renseigner plus précisément sur l’auteur, découvrez-le au travers de biographies, d’interviews, de ce que lui-même dit de lui-même, et vous apprendrez peut-être à le lire ou à le regarder différemment.