Rachid Bouchareb

Rachid Bouchareb, modèle de réussite « franco-algérien »

                 

 

Rachid Bouchared, un cinéaste franco-algérien

Rachid BOUCHAREB est né le 1er septembre 1953 à Paris.

Bien que français, il est un enfant dit issu de l’immigration : nés de parents algériens, Rachid BOUCHAREB est toujours présenté comme un cinéaste franco-algérien. Ce renvoi incessant à ses origines algériennes jouera un rôle important dans sa carrière professionnelle.

De la mécanique au cinéma

Rachid BOUCHAREB grandit à Bobigny où il suivra des études l’amenant à obtenir un CAP mécanique.

La mécanique n’est pas pour autant son destin, Rachid BOUCHAREB a d’autres ambitions : le cinéma.

Pour réaliser son rêve, il intègre le Centre d’Etude et de Recherche de l’Image et du Son et va gravir petit à petit les échelons.

Sa carrière démarre au petit écran, selon lui « sa véritable école ». Dès 1977, il y fait ses premières armes, en tant qu’assistant de mise en scène à la télévision, puis très vite, il réalise ses premiers films pour la télévision.

Ces premiers pas dans le monde télévisuel, qui l’amèneront ensuite au 7ème art, se font entre 1977 et 1984 : il y réalise ses premiers courts métrages.

En 1983, l’un d’entre eux, « Peut-être à la mer », ne passe pas inaperçu. Il est sélectionné la même année pour le représenter au festival de Cannes.

Ces courts métrages le confortent dans sa vocation et Rachid BOUCHAREB va alors s’attaquer au long métrage.

Un professionnel régulièrement reconnu[1]

Rachid BOUCHAREB s’accomplit dans son travail et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne chôme pas.

D’assistant à réalisateur de courts métrages, il devient réalisateur et scénariste de long métrage, puis producteur[2].

Sa passion pour le cinéma fait de lui un homme investi dans son travail et lui vaut plusieurs reconnaissances à travers notamment le célèbre Festival de Cannes.

En tant que réalisateur, on lui doit une dizaine de longs métrages dont le premier intitulé « Bâton rouge », réalisé en 1985.

Les scénarios des longs métrages qu’ils réalisent sont bien souvent écrits par lui-même.

Parmi les œuvres qu’il réalise, on relève « Poussières de Vie », « Little Senegal » ou encore « Indigènes ». La reconnaissance de ses trois chefs d’œuvres cinématographiques passe par une nomination pour l’Oscar du meilleur film étranger pour « Poussières de Vie » en 1995, par le prix du meilleur long métrage au 11eme Festival du cinéma africain de Milan en 2001 pour « Little Senegal », et par une nomination pour la Palme d’or au Festival de Cannes pour « Indigènes » en 2006.

Mordu de cinéma, il se plonge aussi dans une carrière de producteur de cinéma et s’associe en 1989 à Jean BREHAT pour créer la maison de production 3B.

Là aussi, en tant que producteur, son travail est apprécié et remarqué. Parmi les œuvres qu’il produit, on relève trois œuvres récompensées au Festival de Cannes qui sont : « la Vie de Jésus » (en 1997), « l’Humanité » (en 1999) et « Flandres » (en 2006).

Une œuvre cinématographique empreinte d’histoire

On remarquera dans l’œuvre de Rachid BOUCHAREB la volonté de retracer des histoires empreintes de déracinement, de métissage, de voyages tant géographiques que culturels.

Ses œuvres imprégnées de recherches d’identité et de mémoire ne laissent nullement insensible.

Sur ce point, son histoire personnelle ne peut y être étrangère : sans cesse renvoyer à ses origines (on remarque d’ailleurs qu’il est régulièrement présenté comme franco-algérien), plusieurs de ses œuvres sont consacrées au métissage, aux difficultés de s’adapter à un monde « moderne » tout en conservant une tradition culturelle issue souvent d’un pays laissé derrière soi.

On le voit avec « l’honneur de ma famille », en 1997, où est relatée l’histoire d’une fille issue de l’immigration maghrébine que les parents souhaitentmarier pour ne pas être déshonorés car cette jeune fille attend un enfant fruit d’une liasion.

On le voit aussi avec « Little Sénégal » : Rachid BOUCHAREB présente d’ailleurs le sujet de film comme ce qui motive l’essentiel de ses œuvres à savoir raconter comment est vécu le fait « d’aller au-devant d’une autre société, d’une autre culture ».

Ses films ne laissent généralement rien au hasard, Rachid BOUCHAREB mène des recherches et permet de relayer des versions d’histoires non contées ; ne voulant pas plonger dans le film documentaire, il se permet aussi de s’imprégner de l’histoire pour en fournir une autre vision quitte parfois à être décrié : c’est ainsi qu’ « Hors la loi » a créé une polémique, celle liée à une version de l’histoire de la Guerre d’Algérie et plus précisément du massacre de Sétif.[3]

Mais cela ne l’empêche pas, fort heureusement, de poursuivre sa route, et celui qui a été fait chevalier de la légion d’honneur en avril 2007, reste un modèle de réussite dont les futures œuvres ne manqueront surement pas d’être à nouveau reconnues. Il permet aussi de prouver qu’un « franco-algérien » peut, s’il le souhaite, ne pas s’arrêter au CAP.

 

[1] Détail des récompenses : http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-3231/palmares/

[2] Filmographie détaillée ici : http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-3231/filmographie/

[3] La polémique venant du fait que le massacre a été présenté comme élément déclencheur de la guerre d’Algérie