Iznik, capitale de la céramique ottomane

Iznik, capitale de la céramique ottomane

Histoire brève de la ville

Fondée vers 300 ans av. J.C, Iznik, capitale de la céramique ottomane était d’abord connue sous le nom de Nicée.

A l’origine, Nicée était une cité grecque et ensuite une ville importante de l’empire romain d’Orient (plus couramment appelé empire byzantin).

Elle devint alors une des cités les plus prospères avant de devoir faire face à différents tremblements de terre et invasions.

Devenue en 1204 capitale de l’empire byzantin, les ottomans s’emparent de la ville en 1331. La ville continue de prospérer sous l’empire ottoman et se démarquera même par une spécialité, la faïencerie c’est-à-dire la céramique

La céramique d’Iznik

La céramique ottomane fabriquée à partir d’une pâte siliceuse et frittée est communément appelée céramique d’Iznik depuis 1950 car cette ville en fut le principal centre de production même si d’autres lieux de production dont celui de la ville de Kütahya existaient.

La céramique d’Iznik, autrefois appelée céramique ottomane ou de Rhodes, apparaît vers la fin du règne de Mehmet II (sultan de l’empire ottoman depuis sa conquête en 1453) qui souhaitait élever celle qu’on appelait alors Constantinople (Istanbul aujourd’hui) à un rang nouveau.

Ce renouveau a amené le sultan à s’intéresser à la céramique qui constituait à l’époque un produit de luxe réservé qu’à une élite.

La céramique d’Iznik s’illustrait par la perfection qu’elle offrait : cette perfection lui valut d’être très vite exportée notamment en Italie où elle fut imitée mais jamais égalée.

Apparue à la fin du 15ème siècle, la céramique d’Iznik qui allie les arts du feu, les traditions du Proche Orient islamique et l’art chinois, a évolué au fil du temps avant de connaître un déclin dès le 17ème siècle.

On retient malgré ces différentes évolutions un usage de couleurs dont le blanc en fond qui lui confère un aspect de porcelaine.

La céramique d’Iznik s’imprégnait tout d’abord de l’Islam (à travers des formes végétales stylisées) et de l’art chinois que l’on reconnaît via des motifs floraux.

Puis, vers 1540, la céramique d’Iznik se pare de couleurs (le vert et le mauve) qui rappellent les carreaux et vaisselles alors produits à Damas : les historiens qualifient d’ailleurs cette période de « phase de Damas » ; s’ensuit une période où le rouge est associé au vert et où l’influence florale se fait encore plus forte.

Ce n’est qu’à la fin du 16ème siècle que la céramique s’enrichit de compositions abstraites à travers la représentation de bateaux ou d’animaux avant de connaître un déclin lié au fait qu’un décret du sultan Mûrad III, en 1585, oblige le centre de production principal d’Iznik a consacré sa production de faïences au Palais.

La dernière grande commande se retrouve d’ailleurs au sein d’une mosquée, celle de la mosquée Bleue qui fut recouverte des célèbres carreaux de céramique d’Iznik.

Ce n’est qu’à la moitié du 20ème siècle que des céramistes turcs décident de s’imprégner de ce style et d’en retrouver le savoir-faire ; les ateliers de céramique ont retrouvé une activité depuis les années 1990. Pour découvrir ces ateliers et ces savoirs-faire ancestraux je vous invite à visionner la vidéo ci dessous. Bon visionnage