Cette loi, vous y êtes vous déjà résignés ? Nous, jamais !

 

Hier,

 

C’était la loi du 15 mars 2004 qui interdit à de jeunes filles musulmanes l’accès au droit fondamental qu’est l’instruction scolaire. L’interprétation de cette loi qui a conduit à des interprétations abusives et à des dérives telles que : des femmes exclues des centres de formation, de leur emploi, des services publics, la discrimination lors des entretiens d’embauche à l’instar des assistantes maternelles qui se voient interroger sur leur pratique religieuse…

En ce qui concerne des événements plus récents : En juin 2008 c’est la pétition « Un cri contre le racisme et l’intégrisme » de Caroline Fourest, Corinne Lepage et Pierre Cassen. Avec leurs diatribes habituelles, attisant la haine de l’autre sous vocable de « lutte légitime », cette pétition, une fois de plus, ne fait que viser les musulmans.

Plus récemment, la pétition « halteauvoile », dans la même logique, et avec encore moins « d’égards », participe de l’organisation et l’orchestration du sentiment islamophobe.

La proposition de loi Hostalier 1080, quant à elle, vise à interdire le voile dans les lieux publics.

Idem : les propositions de loi 1061 et 3056 visant à « lutter contre les atteintes à la liberté de la femme, résultant de certaines pratiques religieuses. »(Sic)

 

Aujourd’hui,

 

Les parlementaires veulent adopter une résolution condamnant le port du voile intégral.

En effet, Le 08 juin 2009, le député communiste André Gérin, maire de Vénissieux et député du Rhône, dépose sa proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa ou du niqab.

Cette proposition est immédiatement signée par 58 députés (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI), rejoints par la suite par 6 députés UMP, dont Eric Raoult (Seine St Denis), Philippe Meunier (Rhône) et Nicole Ameline (Calvados).

Cela va se traduire en avril par une éventuelle interdiction du niqab dans les espaces publics.

Quel paradoxe lorsque l’Etat se dote de pseudo outils juridiques en vue lutter contre les discriminations alors qu’il en est le principal auteur !

Parmi les autres propositions retenues par les parlementaires :

Proposition n°13: «Demander à la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) de dresser un état des lieux des éventuelles dérives sectaires qui pourraient avoir lieu dans l’entourage des personnes portant le voile intégral et dont ce dernier pourrait être le révélateur»

Proposition n°14: «Prendre en compte, dans les demandes d’asile, la contrainte à porter le voile intégral comme indice d’un contexte plus général de persécution»

En revanche, parmi les propositions qui, elles, ont été elles refusées :

Proposition n°7: « Créer une Ecole nationale d’études sur l’islam»

Proposition n°8: «Engager un travail parlementaire sur l’islamophobie et sur la lutte contre les discriminations à l’encontre des personnes de confession musulmane»

Quand, en 2003, des politiciens jugent que la laïcité est inconciliable avec le port du foulard, les commissions Stasi et Debré ont servi d’alibi pour légiférer.
Et aujourd’hui encore, les penseurs et les acteurs de la discrimination continuent, notamment par une dénaturation du sens de la notion de LAICITE, de polluer les esprits de millions de nos concitoyens et d’instiller le poison de l’islamophobie.

Rien ne fait plus sourire que l’emballement affecté des medias, à la recherche du scoop, pour pimenter cette actualité. Pour créditer un pseudo débat démocratique, comme en 2004, on cherche désespérément, dans une course effrénée, la femme habillée d’une burqa pour pouvoir témoigner.

Il faut dire que la tâche n’est pas aisée car ce phénomène, sensé représenter un danger, est quasi isolé dans tous les quartiers.

Vous constaterez, à la lecture de cette proposition, que les arguments n’ont guère changé.

La preuve en est que vous pourrez changer le mot « burqa » par le mot « voile » et la supercherie est dévoilée. Ceci dit pour celles et ceux qui se sentiraient moins concernés par le niqab que le voile.

La proposition de loi dit dans son unique article vouloir « lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire ».

La encore, on ne peut s’empêcher de rire !

Ne sont-ce pas plutôt toutes ces lois islamophobes et liberticides qui constituent, sous de fallacieux prétextes, une atteinte aux libertés individuelles mais exclusivement des musulmans ?

 

L’avenir,

 

Il nous appartient et il est de notre responsabilité d’œuvrer pour que celui-ci soit moins sombre, mais cela ne peut se produire sans un changement notoire.

Arrêtons d’attendre de l’autre ce que nous devons acquérir par nous même, notre liberté et notre émancipation ne dépendent que du tournant que nous allons prendre.

D’autres préfèrent penser que notre existence ne dépend que du bon vouloir des français dits « de souche » (Alors que la majorité d’entre eux ne connaissent même pas le nom de leurs arrières grands-parents) pour nous accepter ou plutôt nous tolérer à condition que nos efforts d’assimilation et de désintégration identitaire soit jugés suffisants.

Rappelons que la Constitution française, dans son article premier, pose deux principes essentiels :

  • 1- « La France est une République laïque. »
  • 2- « Elle respecte toutes les croyances. »

La laïcité, c’est la neutralité de la république en matière de religion. Dans son expression législative, judiciaire et exécutive, la république est laïque. Ce n’est pas au nom d’une religion qu’elle légifère, juge ou administre : c’est au nom du peuple français.

La république respecte toutes les croyances dans le sens où chacun est libre de croire et de pratiquer son culte, ou de ne pas croire, sans être inquiété pour cela.

L’état des personnes est protégé.

Cette dénaturation du sens réel de la laïcité nous présage un avenir sombre.

La droite et la gauche y compris d’ailleurs, ont toujours trompé et joué la carte de la séduction électorale qui ne s’est pas encombrée d’état d’âme.

Et pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris, si beaucoup en France s’identifient aux palestiniens, c’est par ce qu’ils ont l’impression de vivre un sentiment d’exclusion et d’apartheid similaire au leur.
Ce changement ne pourra prendre forme qu’à travers l’implication de tous dans l’action politique afin de voir émerger aux seins des instances décisionnaires telles que les municipalités, les départements, les régions, la Nation et l’Europe, des personnes représentatives des « minorités visibles » afin de défendre leurs intérêts.

 

Mais qu’est ce qui est pire : « faire » ou
« laisser faire », si le résultat est le même ?

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